Culture - La revue 2025 ep.4
Et voilà le dernier trimestre. Malheureusement peu de temps pour le cinéma et les séries, encore moins pour les sorties récentes en jeu vidéo et musique… pour différentes raisons déjà évoquées. Mais c’est déjà pas mal.
Cinéma - Série
- Y’a-t-il un flic pour sauver le monde de Akiva Schaffer (2025) : Et voilà l’une des séries emblématiques des Zucker Abraham Zucker repartie avec une nouvelle équipe. Leslie Nielsen est remplacé par Liam Neeson et ça fonctionne. On notera une Pamela Anderson au top de sa forme et quelques bons seconds rôles. C’est inégal, régressif et ça fonctionne mieux en VO, avec parfois des clins d’œils très américains. La Team 1er degré détestera…donc c’est FIDELE au genre parodique, avec des références multiples. NOUVEAU.
- Pompoko de Isao takahata (2006) : Sans doute pas le plus accessible des films du Studio Ghibli car il fait appel à des croyances très japonaises. Des tanuki, de petites créatures pouvant changer de forme, voient la destruction de leur habitat au profit de l’extension urbaine. On retrouve les sujets de prédilection du studio dans une fable qui n’a pas pris une ride à l’heure du réchauffement climatique. Toujours une double lecture et il manque peut-être juste des personnages leaders par rapport aux autres Ghibli. C’est l’éloge du groupe et de la solidarité même si le fin peut-être interprétée de diverses manières. J’aime beaucoup mais je ne sais pas comment un adolescent reçoit le message. COMPLEXE.
- Montmartre saison unique (2025) : C’était la série évènement de TF1 en cette rentrée. J’ai apprécié l’environnement et quelques reconstitutions, même si c’est un peu trop propre et lissé. Par contre, il y a du ridicule dans l’introduction d’une voiture électrique bricolée et trop moderne. Les chorégraphies sont anachroniques, même si réussies. N’est pas Baz Luhrman qui veut. Pour l’histoire, on reste sur du classique sans surprise avec de bonnes interprétations, et d’autres plus dispensables. Vu le budget, on POUVAIT ESPERER MIEUX.
Lectures
- Le Maître de Peinture de Richaud et Faure (2003-2005) : L’histoire se passe en pologne dans les années 20. Un vieux peintre en mal d’inspiration mariée à une pianiste bien plus jeune que lui, des mouvements dextrême droite, un jeune peintre génial et les personnages se rencontrent, tombent amoureux ou essayent de survivre. A force de vouloir aller dans diverses directions, l’auteur reste en surface des sujets. Le dessin est très années 90 ce qui est parfois un compliment, même si cela peut parfois être caricatural pour nos héros trop beaux. Reste l’univers historique plutôt méconnu et qui mériterait d’être creusé. MOYEN
- A l’ombre des tours mortes d’Art Spiegelman (2004) : C’est un très court recueil d’un feuilleton qu’Art Spiegelman (Maus…) a entrepris après le choc du 11 septembre. Il a vu son pays sombrer dans une sorte de paranoïa ou d’hallucination qui excusait toutes les agressions envers des pays pétroliers, tous les mensonges. Il se demandait si le monde allait finir comme cela. Et au vu de la situation d’aujourd’hui, le recueil prend un autre sens. Spiegelman était déjà dans une semi retraite à l’époque. Le style est foisonnant, parfois difficile à suivre mais interpelle. DOCUMENTAIRE.
- Les Guerriers de l’Hiver d’Olivier Norek (2024) : Chronique complète déjà faite pour ce roman historique aux résonnances actuelles.
- Les mondes extraordinaires de Jules Verne - Aux origines de la pop culture et de la science-fiction de Nicolas Allard (2021) : Un essai sur l’auteur nantais, souvent vu comme l’un des pères de la science-fiction, du steampunk, etc… Oui, il y a de la bibliographie et des références mais l’ensemble me semble souvent capilotracté pour mettre tout ce qui est pop-culture dedans. Un ouvrage d’un fan de Jules Verne mais qui a tendance à tourner en boucle. Après, si ça peut faire découvrir les livres de Verne, même les plus obscurs, POURQUOI PAS.
- Quelques heures de Joel Orff (2019) : Une BD indépendante américaine montrant le temps passé par un père qui découvre tardivement qu’il a une fille. Une relation qui pourrait s’avérer compliquée et qui montre deux solitaires qui se découvrent l’un l’autre. Mais on sent peu à peu que des tensions peuvent se faire jour, surtout que ce n’est que pour quelques jours…Un ouvrage à fleur de peau, touchant mais aussi parfois sombre avec un dessin noir et blanc très marqué. SENSIBLE.
- Petit Pays de Gael Faye, Marzena Sowa et Sylvain Savoia (2024) : Une belle adaptation en BD du livre de Gael Faye parlant d’un enfant qui traverse les génocides du Burundi et du Rwanda entre Hutus et Tutsis. Colonialisme, racisme, et guerre à travers les yeux encore innocents de Gaby et sa soeur, issus d’un “couple mixte”. Un dessin classique et bien adapté pour retranscrire à la fois la beauté et l’âpreté des lieux. L’adaptation de Marzena Sowa est aussi très habile pour s’adapter au dessin de Sylvain Savoia. A LIRE.
- Astonishing Iceman de Steve Orlando (2023-24) : Forcément, je connais le personnage d’Iceman, chez Marvel. C’est sa dernière aventure en date et les antiwokes ne vont pas trop aimer. Je n’ai pas accroché au récit qui a l’air de s’inscrire dans quelque chose de plus vaste sans trop d’explications. Et puis bon, les tomes sont trop courts et schématiques (souvenirs, présent, combat). De toute façon, j’ai toujours préféré d’autres personnages…BOF.
- Les Tuniques Bleues 69 - Lincoln dans la ligne de mire de Neidhardt et Lambil (2025) : Avec la disparition de Cauvin, voici un nouvel opus qui tente de continuer la série. Ce n’est pas mauvais mais la série tirait déjà sur la corde. Une affaire d’espionnage avec Blutch au centre, c’est plutôt bien. Mais il y a trop d’éléments capilotractés et pas assez d’humour. Pourtant on retrouve une part historique réelle, l’anti-militarisme et les moqueries envers les officiers. MOYEN.
- Mon ami Kim Jong-Un de Keum Suk Gendry-Kim (2025) : Qui mieux qu’une coréenne pour parler du dirigeant de la Corée du nord et de la siuation en Corée du sud. C’est une remarquable BD prenant la forme d’une autobiographie, d’une biographie et d’un reportage pour aborder différents points de vue. Il y a d’abord la dynastie à la tête du nord. Il faut essayer de comprendre le personnage. On parle des rendez-vous ratés avec l’histoire, notamment avec Trump. On parle aussi du problème de l’accueil des réfugiés et de la méfiance qu’ils suscitent. La mentalité est parfois étonnante voire effrayante (notamment le passage sur le sort des femmes…). Nous sommes très loin de la partition de l’Allemagne et de la réunification. INDISPENSABLE pour comprendre un peu mieux la Corée.
- The Moon is following us de Johnson et Rossimo (2025) : Un comic book US, pas encore traduit. L’histoire m’a interpelé : Une petite fille tombe soudainement dans le coma. Les parents désemparés sont abordés par un étrange individu, sorte de Shaman qui leur dit qu’elle est “prisonnière de ses rêves” et qu’ils doivent partir combattre dans ses rêves à l’aide d’une sorte d’interface cybernétique. Ils y retrouvent alors les jouets de la petite fille qui combattent des monstres mystérieux qui protègent le château où est retenue l’enfant. Un peu long à démarrer, l’histoire se perd un peu trop dans le premier tome et on sent que l’on va faire durer la série. Comme souvent, on reste plus longtemps sur les combats que sur le fond, à savoir le combat de parents pour un enfant malade, ce que l’on est prêt à faire pour cela, etc… MOYEN.
- Asterix en Lusitanie de Fabcaro et Conrad (2025) : La grosse sortie BD française et j’ai été plutôt content de ce tome. Alors évidemment ça y va fort dans le cliché, autant sur nos amis portugais (…il faut savoir que pour la Morue, c’est récent dans l’histoire), que sur les gaulois réfractaires qui sont aussi présents. Il y a évidemment les anachronismes et jeux de mots (réforme des retraites, mondialisation, camping-cars…) qui sont la marque de la série. Les noms des personnages sont évidemment désopilants. Reste une intrique longue à mettre en place et trop simpliste qui est expédiée dans les 10 dernières pages. SYMPATHIQUE.
- L’île où le roi n’existe pas de Raphaël Drommelschlager (2024) : Je ne connais pas le niveau d’autobiographique de cette BD très poétique et délicate. Le personnage s’appelle Max, un libraire qui aime dessiner des destinations lointaines dans sa boutique consacrée aux voyages. Il est entouré d’amis qui l’aiment mais reste cloîtré et refuse de s’engager auprès de cette qui l’aime. Un traumatisme d’enfance, un père absent…Et il rêve, voit des baleines, des tortues marines près d’une île fantasmée. Un dessin très coloré, de facture plutôt classique qui pourrait faire penser à de la BD jeunesse. Pourtant le récit est bien adulte, parfois complexe et l’épilogue déséquilibre un peu l’ensemble. RÊVEUR.
- Replay : Mémoires d’une famille de Jordan Mechner (2024) : Le créateur de Prince of Persia nous conte deux histoires en parallèle : La sienne et celle de ses jeux et surtout celle de sa famille qui a fuit la Roumanie, l’Autriche, la France pour enfin arriver aux USA…et en France. Une histoire qui part de son arrière grand père jusqu’à ses enfants aujourd’hui. On parle donc d’anti-sémitisme et de racisme tout autant que de l’instabilité de la création de jeux vidéo. Surtout qu’il a connu la création seul dans sa chambre devant son ordi jusqu’à la gestion d’une grosse équipe pour un jeu AAA. Il a repris lui même la plume et le crayon pour mettre en image son histoire et celle laissée par son grand-père. MAGNIFIQUE.
- L’Incroyable Histoire de la mythologie grecque de Mory et Bercovici (2023) : Un ouvrage de vulgarisation autour de toute la mythologie grecque en BD. C’est quand même complexe à suivre pour les liens de parenté, car on ne peut pas dire qu’ils étaient très fidèles à l’époque. La mise en image est plutôt sympa, dans la lignée des autres ouvrages de cette collection. Il y a une grosse parenthèse sur L’Odyssée et l’Illiade, évidemment mais pour bien comprendre, il faut passer par les origines de ces dieux de l’Olympe. Une manière d’introduire tous ces mythes qui ont tant inspiré à travers les ages et de comprendre aussi certaines expressions. MONUMENTAL.
- Si vous lisez ça, je suis déjà morte…de Kindt et Mc Caid (2025) : De la grosse SF en comicbook. Prenez un peu de Starship Troopers et mélangez avec Apocalypse Now et vous voilà embarqué sur la planète Terminus aux cotés d’une journaliste qui va tenter de survivre dans cet enfer. C’est violent, parfois gore, coloré et mystérieux. Et pourtant la dernière partie gâche un peu la fête pour une conclusion brouillonne. Ont-ils voulu conclure trop tôt ? DOMMAGE mais pour les amateurs de SF et d’Aliens, ça peut le faire.
Musiques et Sons
- I-Scream et U-Scream de FFF (2022 et 2025) : Pourquoi séparer ces deux albums vus comme un diptyque par le groupe ? J’ai été fan du groupe dans les années 90 mais là je n’accroche pas. Je ne sais pas pourquoi mais il n’y a plus les textes qui font mouche, plus ces refrains ciselés, ces couplets captivants. Oui, ça groove, c’est bien joué mais… Il manque ce petit supplément d’âme qui semble s’être étiolé…Ou bien peut-être ne suis-je plus en phase avec Marco et sa bande ?
- Affaires Sensibles - Rosa Parks : Un podcast France Inter qui rappelle et rend hommage à Rosa Parks, figure du mouvement des droits civiques aux USA. Une bonne introduction pour un sujet qui peut encore être remis en cause dans un état devenu quasi fasciste.
- C’est plus que de la SF - Arco : C’est le dessin animé de ce mois et il est français en plus (même s’il a fallu quelques capitaux US). L’occasion d’entendre sur le temps long son réalisateur dans cet excellent podcast sur la SF, de comprendre le cheminement et évidemment de donner envie d’aller voir le film. Un jour…
- Nota Bene : La Saga des Kennedy : Ben de Nota Bene nous rappelle la saga des Kennedy dans ce long entretien, revenant notamment sur le destin tragique d’une des filles du clan. Il y a bien aujourd’hui un autre Kennedy qu’il faudrait vraiment enfermer, lui… Le patriarcat et les scandales sexuels eux, perdurent encore.
- Pixel Bento : Pop Culture et Japon : Un long podcast entre passionnés de Japon qui aborde notamment la culture pop mais aussi des sorties récentes qui en montrent l’influence, comme Ghost of Yotei, par exemple. Si les petits studios ont parfois disparus, si la K-Pop a pris le pas sur la J-Pop, il reste encore tant de choses à comprendre sur ce pays.