Réflexion - 9 Mois, déjà - 2026
Et voilà, la rentrée est passée, les vacances aussi. Enfin vacances…
Je ne vais pas m’étendre ici sur ce qui a perturbé cette période et les changements de programme à répétition. Ainsi va la vie.
J’ai eu l’occasion ces derniers temps de tester beaucoup de jeux retro et moins retro, notamment sur divers “consoles virtuelles”. Ce sont des environnements qui n’ont pas de réel hardware mais qu’on simule comme si c’était un émulateur. Le point commun c’est le minimalisme, assez proche des consoles 8 bits genre Nes ou encore Gameboy. Cela donne des jeux plus ou moins courts ou simples dont j’ai parlé ou je parlerai dans la rubrique culture cette année. Ce n’est plus du retrogaming, même si ça peut rester dans l’esprit avec de nombreux remakes. J’ai donc vu des jeux sur Pico-8, WASM-4, ou TIC80, des choses jouables le plus souvent dans un navigateur ou sur des consoles retro qui intégrent cela via Retroarch. Donc Linux est particulièrement friand de cela, ne serait-ce que pour le développement de ces jeux, pas vraiment tous libres d’ailleurs. De quoi me faire me poser des questions sur le devenir de la rubrique retro et culture l’année prochaine. A savoir aussi que la spéculation est grande dans le retrogaming mais que l’effet de mode joue aussi beaucoup coté consoles virtuelles ou “typées retro” (je pense à la Playdate par exemple). Après 3 ou 4 ans, les sources diminuent un peu mais cela fait quand même des centaines de jeux en plus… Une paille quand on voit ce qui sort sur Steam, Itch.io, etc. Et parfois il y a des plateformes qui reviennent en grace, on ne sait pourquoi.
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Le retour des peintures…cette fois avec l’artiste allemande Katrin Heesch
Nous sommes en effet, dans tous les domaines, dans une surproduction culturelle. En Musique, cela aboutit même à des titres générés par IA qui sont bientôt plus nombreux que ceux des vrais artistes. Les plus blasés diront qu’on ne force personne à écouter…mouais, la musique devient jetable. La rentrée littéraire qui a lieu en ce moment est aussi un moment de surproduction. Si on rajoute à cela les infâmes livres politiques avant la campagne 2027, on a beaucoup de titres destinés à passer au pilon, à rester dans l’oubli. Une infamie environnementale en plus, quand on sait ce qu’il faut comme eaux et arbres et donc aussi hydrocarbures pour produire cela. Idem donc dans les jeux vidéos avec des titres qui ne méritent pas de sortir, sortes de fork de titres connus, pour satisfaire l’ego des programmeurs. A quoi ça sert d’avoir un millionième Tetris ou Breakout dont on a juste changé la couleur, la musique et le langage de programmation ? A la limite un ou deux sur une plateforme virtuelle, mais sinon… OK, je veux bien avouer que je suis tenté aussi de programmer quelque chose dans le domaine ludique mais j’essaie d’être original et de murrir mon truc, si un jour j’ai la bonne idée. Car avoir fait beta testeur récemment m’a remis dans le truc, même si un des deux jeux était un… casse-brique. Cette surproduction ne rend paradoxalement pas la culture plus accessible dans le monde. Elle nous en dégouterait presque. Les bibliothèques sont obligées de faire des tris annuels pour se débarasser des titres qui ne “sortent” plus. Un crève coeur dont pourrait parler sans doute l’ami Manchot ;-) .
Je parlais de la dématérialisation cet été et cela n’arrange rien. On profite de cela pour empiler encore plus ce qui n’est plus visible dans le salon, la bibliothèque ou la chambre. Des fichiers, des données, des bits que l’on ajoute à nos disques et cartes mémoires, de plus en plus chères avec la spéculation de l’IA, ou que l’on stocke dans des datacenters énergivores. Là aussi l’humain montre toute sa vanité et sa cupidité mortifère. J’avais une courte discussion suite à un article avec un de mes fidèles lecteurs. Nous arrivons à un age où nous profitons plus de ce que nous possédons que de nouveautés culturelles. Pour ma part, j’ai plus que ce que je pourrais lire, jouer, écouter dans ce qui me reste de vie, même en étant centenaire. Il faut quand même compter que je ne reste pas enfermer. Alors à quoi bon…Surtout quand on voit les recopies et remakes qui sont légions dans tous les domaines. Mais aussi parce que nous possédions ces biens culturels. Des disques, des livres papiers, des DVD et CD de jeux, des cartouches, …On peut les reprendre. Les générations qui nous suivent (car je sens que j’ai peu de lecteurs parmi eux), ont un autre rapport, un rapport de l’éphémère et du jetable et c’est plutôt triste….
…sauf qu’il y a aussi une réaction inverse, un besoin très humain de garder, de posséder un souvenir, un moment. C’est le vinyl, le livre papier, la photo argentique qui refont surface chez les plus jeunes. Tout n’est pas que besoin d’avoir tout tout de suite, de faire des avances rapides pendant une série, un film, de lire seulement un résumé. Une minorité ? Je n’en sais rien. Et en même temps que tout cela, il y a la disparition programmée des moteurs de recherche au profit des IA qui synthétisent ce qu’elles veulent, la disparition de la presse aussi et des journalistes. Là c’est grave et nous en sommes tout aussi coupable. J’ai eu le temps de tester ces IA génératives dans différents secteurs, différents thèmes et comme toujours en repérant des biais, des halucinations. Je suis particulièrement inquiet quand je vois les sources limitées de leurs recherches, souvent liées aux plus grosses sociétés ou aux plus grandes audiences des moteurs de recherche. Autant vous dire que mon blog n’existe pas du tout et je ne fais rien pour.
Mais tous ces moteurs d’IA alimentés par d’immenses bases de données dont les bloggeurs sont peut-être les oubliés, me font penser au réchauffement climatique. C’est ce qui m’a marqué ces derniers mois sans me surprendre hélas, sinon par l’ampleur de cette chaleur. Et encore, je ne suis pas le plus à plaindre car nous avons eu quelques pauses en région parisienne et dans le nord de la France, ce qui ne fut pas vraiment le cas pour le sud. A la famille qui préfère s’installer au sud, j’avais prévenu mais comme tant d’autres ils vont se dire que “avec une bonne clim et ça passera”. Bah non, ça passera pas, ça empirera sans que ce soit linéaire. Il y aura des oscillations mais une tendance certaine à l’augmentation de température, à l’amplification de tous les phénomènes climatiques, des incendies… Ce n’est pas être une cassandre, un oiseau de mauvais augure, un oracle de l’apocalypse, c’est juste être réaliste. Comme c’est être réaliste de se dire que nous ne nous attaquons pas aux sources du problème. Il y a eu l’annonce d’une énorme centrale au gaz montée par Amazon pour ses data centers (rappellons que beaucoup de sites s’appuient sur AWS ou Amazon Web Service, par exemple). Et les banques et fonds de placement continuent à financer des projets d’extraction d’hydrocarbures, etc … même si on peut se réjouire que des pays voient les renouvelables passer devant les énergies fossiles dans la consommation. Nous continuons à voire la consommation d’énergie croître, les émissions de CO2 dans l’air croître au point que l’on ne sait plus qui tire l’autre : L’extraction ou la consommation. Nous n’avons plus le luxe de nous poser la question, il faudrait agir au plus vite sur les deux. Ce n’est hélas pas ce que j’entends du centre à la droite dans ce début de campagne présidentielle, ou même pire, de la part des USA et de leurs satellites/suiveurs.
Alors oui, à notre petit niveau, on peut pisser sous la douche, limiter notre consommation d’énergie, nos dégagements de chaleurs par les ordinateurs et autres biens consommateurs d’énergie mais c’est plus radicalement qu’il faudrait une rupture pour que changent nos comportements. Rien n’est simple, à commencer par le sujet des forêts : Entre essence unique pour assurer production de bois et emplois et essences multiples pour protéger la biodiversité, entre entretien des forêts pour éviter les départs des incendies et conservations de buissons et plantes pour les animaux, il y a des compromis à trouver, de même que pour ce que l’on cultive. Nous n’avons qu’entrevue les conséquences de tout cela sur le prix de notre nourriture. Moins de fruits et légumes = plus de prix élevés, ainsi va le capitalisme et le marché. Et si en plus nos cultures ne servaient qu’à nourrir les humains de ce pays…C’est loin d’être le cas avec une bonne partie qui part pour le bétail qui termine dans VOS assiettes. Je ne vais pas vous faire encore l’article du veganisme ? Bah oui, ce n’est pas qu’une lubie de bobo comme les médias nous le serinent encore. Juste une réflexion sur les équilibres à trouver dans ce monde entre l’activité humaine et le vivant. Et une dernière chose pour un certain Bruno, Nous ne sommes pas les garants du vivant sur cette planète, nous en sommes plutôt les fossoyeurs, pour l’instant.
En parlant de vie et de mort, j’ai eu récemment une personne qui me disait qu’elle avait perdu de vue mon blog qu’elle suivait il y a quelques années. Sans doute l’époque Wordpress …Je sais que malgré des redirections et des messages, j’ai perdu du monde et ce n’était pas grave. Je suis bien plus heureux en étant maître de mon support, sans risque de piratage par absence de mise à jour et autres soucis d’hébergement. Le statique c’est la vie, ha ha…Mais tout ça pour dire que si on ne cherche pas vraiment, on ne trouve pas. J’ai parfois oublié certains blogueurs que je suivais, qui ont fait des pauses et que je retrouve parfois sur un réseau ou autre. C’est aussi à ça que servent les liens, les signets/favoris. Beaucoup ont cédé aux sirènes du moment, Facebook, Insta, Twitter, Bluesky et autres. Leurs anciens supports ont fermé selon les désirs des Google et compagnie. J’ai rempilé pour cette adresse et le miroir gitlab pour un bon moment en tout cas. Donc il y a le temps pour se souvenir du vieux Iceman dans sa petite boutique d’articles qui commence à radoter un peu. Et pour éviter cela, justement, j’essaie de fonctionner aujourd’hui par Saison en gardant ou pas certaines rubriques ou thèmes, en suivant les aléas de ma propre vie, sans en parler vraiment. Ma recette pour durer car cela fait plus de 20 ans, c’est sûr maintenant. Et rien que pour ça, j’ai déjà une idée pour 2027. A suivre.