Musique - Achilles d'Audrey Horne (2026)
Sur la promesse de deux singles, j’ai attendu avec impatience ce nouveau Audrey Horne. Et mine de rien, ça fait 16 ans déjà que ce groupe norévgien m’accompagne.
Quel est leur recette ? Je n’en sais rien mais c’est un savant mélange d’influences diverses du Hard-Rock. Ce n’est ni vraiment classique, ni vraiment New Wave of British Heavy Metal, ni Power Metal, ou encore moins Death. Oui, ça me parle sûrement parce que ces types là ont des ages similaires au mien, ont écouté sans doute à peu près les mêmes choses. Mais il y a ce petit quelque chose en plus qui en fait plus qu’une copie bien ficelée.

Après les deux premiers albums (Audrey Horne et Youngblood), j’avais eu de la déception sur les suivants. C’était un peu trop classique justement, il y avait moins de ce groove caractéristique, de ce ronronnement de basse mélé à des mélodies catchies. Mais là, c’est assez immédiat avec cet album. Oh bien sûr on n’échappe pas aux Ho Ho comme dans “Vampires” mais ça fonctionne. On chante, on bouge et Toschie assure toujours côté vocal, quand on a les gros riffs qui tuent de la part de Thomas Tofthagen et Arve Isdal. Certains trouveront que “God damn Beautiful” est trop pop mais c’est justement ça qui est bon : Un titre radiophonique qui fleure bon la nostalgie et qui paraît une évidence. C’est justement ce qu’il y a de plus difficile à faire sans tomber dans le ridicule. Autant dire que ce single a bien tourné entre mes oreilles. Et même la ballade y va de son imparable solo mélodique pour un “Pretty little lies”… même si je dois avouer que ça n’est pas leur meilleur titre par rapport aux premiers albums. Là où ils sont bons, c’est dans la deuxième partie du morceau, quand ça prend plus d’ampleur.
Car ça groove toujours autant dans un très énergique “Insanity”, l’autre single. Le refrain est toujours imparable avec le chant clair de Toschie. Pourtant, on peut se dire qu’il n’y a rien d’original car là encore ça ressemble comme un évidence. Il y a des accents à la Iron Maiden dans d’autres morceaux comme “Hell is Eternity” ou “Running through the Night”. Mais là où je trouve que le groupe est le meilleur, c’est sur les morceaux mélodiques plus mélodiques comme “Six Feet in the Ground”. Car outre les refrains, il y a aussi de bons couplets et on sort du sempiternel texte sur le sexe, tellement caricatural dans le Hard-Rock US/Australien. OK, c’est un peu dépressif parfois, “All I need is some time to think it over , All I need is a drink to wait it out”… Ca parle de cette folie intérieure qui peut parfois nous envahir. Et la musique reste un très bon exutoire. Alors peut-être est-ce cela qui fonctionne aussi avec moi dans cet album, comme dans un cycle.
En réalité, je ne sais pas vraiment pourquoi une fois de plus cet album résonne en moi. Ce n’est pas seulement cette capacité à trouver des refrains accrocheurs, à avoir une sonorité particulière entre les choeurs et les riffs de guitare, à avoir un groove de basse et de rythmique. C’est peut-être un tout avec ce qui y est dit. Je ne sais pas si ce sera partagé mais voilà le groupe reparti dans une tournée européenne. Et comme j’ai décidé de vous remuer un peu les tympans, je n’ai pas mis le titre que je préfère mais celui qui envoie le plus immédiatement. Même s’il faut avouer que cet album ne s’embarasse pas d’une intro comme ses prédecesseurs. Et tiens, en y repensant, si la raison était comme dans le personnage de Twin Peaks qui donne son nom au groupe ? Baignée de mystères et de contradictions.
