Littérature et Geek - Commodore Amiga, a visual Compendium

L’Amiga a été l’ordinateur le plus marquant pour une génération de passionnés dans les années 80-90. Cet ouvrage en Anglais est un magnifique hommage.

Bitmap Books est un éditeur spécialisé dans le retrogaming, l’histoire de l’informatique et du jeu vidéo. Leurs livres mettent en avant une certaine culture graphique “Bitmap” ou Pixel Art. Aussi, ce livre met beaucoup en avant les graphismes des jeux de cette époque dans des doubles pleines pages. L’aspect hardware est quasi absent, ainsi que l’origine de cet ordinateur, assez vite balayé dans les premières pages. Pour moi, ce fut un voyage dans le passé mais aussi l’occasion d’en savoir plus sur les coulisses ou des titres que je n’ai pas connus.

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L’Amiga c’est donc cet ordinateur sorti en 1985 par la marque Commodore pour contrer l’Atari ST, le PC, …Mais pourtant c’est Jay Minner, un ancien d’Atari qui en est à l’origine avec Robert J. Mical, Dale Luck pour le Hardware, dans une compagnie baptisée d’abord Hi-Toro. L’envie était d’utiliser le nouveau processeur Motorola 68000, celui là même qui fera les beaux jours d’un certain Apple Macintosh en 1984. Le projet Amiga commença en 1982…Le crash de l’industrie du jeu vidéo en 1983 affaiblit Atari et Commodore pour un temps. Commodore qui n’avait aucun ordinateur de prévu depuis le C64, trouva l’occasion de repartir en s’offrant ce projet. Mais il manquait à ce prototype Hardware un système d’exploitation. Ils le trouvèrent avec TRIPOS, un système multitâche issu du gros Dec PDP1, qui fut réécrit et adapté et doté d’une interface graphique baptisée Workbench. Le premier modèle, l’Amiga 1000 faisait rêver techniquement mais restait cher dans son format “boite à Pizza”. Les ventes ne décolèrent qu’avec le 500, dans un format clavier augmenté, moins cher et plus courant pour la marque. La gamme évolua ensuite avec des nouveaux processeurs et circuits graphiques (l’AGA…) et même le CD ROM en 91. La machine s’arrêta en 96 mais une génération de passionnée continue de la faire vivre avec de nouvelles cartes mères et surtout AmigaOS 4 qui s’est même rapproché de Linux par certaines librairies, depuis sa version 4 orientée processeur PowerPC. Sans en avoir possédé un, j’ai grandi avec cet ordinateur que plusieurs potes avaient. Le 1000, le 500 puis le 1200, ou le 600. Et en 1995, lorsque j’ai voulu revenir dans la course, je ne voyais hélas plus d’avenir dans cette plateforme…Mais c’est une autre Histoire.

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Le livre de Bitmap Books est quasi chronologique. Il couvre donc l’ensemble de la période de commercialisation de l’Amiga à travers ses jeux, les studios et créateurs qui firent sa réputation. Si je vous dit Team17, System3, Cinemaware, DICE, Bitmap Brothers, ça vous évoque peut-être des souvenirs. Il y a également des chapitres sur Deluxe Paint, outil de création graphique majeur de cette période. Et évidemment il fallait parler de la Scène Demo, qui nourrit aussi les éditeurs de jeux vidéo et influença durablement cette industrie. L’Amiga c’est un peu l’apogée du Pixel Art avec sa palette de 256 voire 4096 couleurs. On parle peu finalement des particularités graphiques uniques mais les créateurs qui témoignent parlent bien des techniques qu’ils utilisaient, découvraient aussi peu à peu. La mémoire était souvent le nerf de la guerre et on ne s’amusait pas encore à rajouter des barettes de RAM. Il fallait encore se contenter de ce qu’il y avait dans le modèle choisi…ou changer. J’ai appris beaucoup de choses dans la lecture et je me suis rappelé aussi des souvenirs, des émotions du moment sur certains titres phares. J’avais parfois uniquement la version CPC chez moi et je bavais sur la si belle version Amiga. Le PC était encore avec ses pauvres 16 couleurs ou ses versions CGA en 320x200…Je me suis remémoré aussi la découverte de l’AGA (Advanced Graphics Architecture) en 1992 avec ses millions de couleurs et son mode 800x600…le PC faisait mieux mais il faudra attendre que ça soit accessible. L’ère de l’Amiga fut réellement de 7 ou 8 ans ce qui paraît peu. C’est un peu ce que font les consoles d’aujourd’hui.

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C’est donc un joli livre à feuilleter quand on n’a plus la machine, quand on ne l’émule plus avec la ROM et le kickstart qui va bien. Une jolie machine à remonter le temps faite de papier et qui reste difficile à trouver en France. Mais il y a d’autres choix aujourd’hui à l’ère d’Internet. Justement le livre parle d’un autre temps pour les développeurs. Une période d’équipe réduites voir de solo ou duos. Des spécialisations qui commençaient aussi à se faire entre graphistes, codeurs, musiciens. L’Amiga a marqué cette transition entre l’artisanat et l’industrie. Tous les studios de l’époque ont quasi tous disparu, racheté puis fermés. Les créateurs de l’époque travaillent parfois encore là dedans, comme ils en parlent dans les interviews. Ils ont même gardé leur Amiga mais il ne tourne plus guère aujourd’hui. D’ailleurs on voit que l’AmigaOS 4 n’a jamais percé, faute d’avoir pu suivre les nouveautés techniques, à l’image d’autres systèmes comme BeOS/HaikuOS. Un peu de nostalgie ne fait pas de mal !

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Ecrit le : 09/03/2026
Categorie : geek, litterature
Tags : geek,jeuvideo,informatique,hardware,littérature,histoire

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