Réflexion - Ces dernières fois où

Cet article est une sorte de réponse à un article de l’ami Genma sur son blog. Le sujet, c’est la dématérialisation et l’évolution technologique dans notre vie de tous les jours.

Ces dernière fois où l’on a fait certaines choses comme … avant, et une réflexion sur ce que l’on fait maintenant. Car l’étiquette ringardise ne plane pas forcément toujours où on le pense, surtout à une époque où l’on devient trop dépendant de technologies que nous ne maîtrisons pas localement.

Où j’ai payé en espèces /liquide ?

Pour moi, ce n’est pas très vieux. J’ai encore besoin d’avoir quelques pièces sur moi et donc quelques billets retirés au distributeur du coin. Acheter du pain, par exemple…j’ai du mal à faire usage de la CB pour une si petite somme. Mais surtout avoir des pièces sur soi, c’est pas si mal quand tu dois prendre un caddie et que tu ne retrouves plus le jeton, que tu dois démonter le cache d’une pile qui a été formaté pour se démonter avec une pièce et puis aussi pour faire un don à une personne sans abri. Même si certains ont des smartphones, ils n’ont quand même pas un terminal de paiement sur eux. Pour le tronc à l’église, il y a maintenant des terminaux de paiements, par contre. Mais avoir du liquide et retirer une somme bien définie, ça peut aussi être une manière de limiter ses dépenses. C’est même une tendance depuis quelques années…paradoxalement comme payer avec son téléphone, qui a plutôt intérêt à ne pas se perdre ou se casser.

Où j’ai rempli un document administratif en papier ?

Bon là je cherche un peu quand même. Je ne suis pas sûr de moi mais si un formulaire de renseignement personnel est considéré comme ça, j’ai du le faire il y a moins d’un an. Effectivement ça devient très rare et c’est un problème pour plusieurs raisons : D’une part, les personnes agées (ou moins) refractaires à l’informatique ou qui n’ont tout simplement pas le terminal adapté. Car tous les formulaires ne sont pas encore très lisibles sur smartphones ou même par des personnes malvoyantes. Je vois souvent des problèmes dès que l’on zoome sur ce formulaire. Et comme en plus on a de plus en plus de personnes agées…J’ai pu voir un collègue qui bloquait parfois par manque de confiance en lui sur ce type de documents. Sa femme venait souvent à son secours. Imaginez le veuf ou divorcé…

Où j’ai lu un livre papier ?

Bon ça c’est facile : Aujourd’hui, que cela soit un magaine papier, une BD ou un livre, roman ou manuel d’utilisation d’un vieux matériel. Les occasions ne manquent toujours pas, même si je suis très livre numérique. Si pour les romans, je n’en vois plus trop l’intérêt, surtout que le support numérique permet de lire dans le noir, c’est parfois plus difficile pour certaines BD particulièrement riches en détails, ou pour des détails, des notes sur des livres que l’on étudie, par exemple. Les manuels scolaires ont tenté l’expérience et elle est variée aussi. Par contre c’est vrai qu’un manuel d’utilisation en numérique permet des recherches plus facile aussi, de même qu’un roman, etc…Et puis comme je cherche toujours à faire de la place, le numérique c’est quand même bien mieux.

Où j’ai utilisé ou gravé un CD ou DVD ?

Utilisé c’est récent quand j’ai voulu réinstaller un vieux jeu PC…Ou quand j’ai voulu numériser sur le NAS un film que j’avais en DVD. Pour l’un j’ai fini par remettre une version déjà en image disque et pour l’autre, et bien je n’en ai plus besoin. Cela dit, il y a le souci de la possession. Si pour un film, je regarde rarement plus de deux fois un DVD de ma vidéothèque, c’est différent pour un CD…Enfin c’était parce que je les numérise pour les mettre sur le NAS ou sur les lecteurs/smartphones. Par contre le streaming, j’en suis vite revenu quand j’ai vu des pans entiers de la discographie de certains artistes disparaître d’un service. On a bien peu de respect pour les originaux et on encense bien trop les remakes et mauvais remasters.

Où j’ai utilisé une clef USB ?

Il se trouve que dans mon boulot, nous avons de vieilles machines qu’on ne peut plus mettre à jour et que l’on doit donc isoler du réseau de l’entreprise. Le seul moyen de transférer les fichiers est donc avec des clés USB dédiées uniquement à cela, pour ne pas risquer non plus de contamination. Une autre fois c’est quand j’ai ramené quelques photos de chez mes parents parce que c’était bien plus long à uploader sur mon serveur de chez eux. Comme quoi ça a encore quelques restes. J’en ai aussi toujours une bien sécurisées pour les voyages lointains avec la copie des documents nécessaires et bien en sécurité. Mais c’est vrai que j’ai plus des disques en USB pour de gros backups, par exemple.

Où j’ai fait un scan ?

Le mois dernier, pour une facture que je voulais garder et que l’on ne m’a pas envoyé en numérique. Ou pour une ordonnance pour mettre dans mon dossier médical perso. Ca arrive encore et c’est bien de retrouver un historique de ses prescriptions. Je ne fais plus de scans de photos mais j’ai un petit scanner manuel que je peux emmener partout et qui m’avais servi pas mal pendant le covid quand je n’avais pas accès à mieux pour être totalement nomade. Sinon, l’imprimante multifonction, ça compte pour la copie de documents? C’est bien le scanner de la bête qui bosse, non ?

Où j’ai fait une impression ?

Comme dit précédemment, faire une copie d’un document papier, comme une facture, un devis papier, c’est aussi une impression. Sinon j’ai pu faire aussi un document autour duquel je peux discuter quand je n’ai pas possibilité d’amener un PC, avoir un écran. Mais surtout dans mon métier, j’imprime régulièrement des fiches suiveuses où tous les intervenants précisent quand ils ont pris le matériel et ce qu’ils ont fait. C’est même une bonne obligation de mon mếtier. Le papier n’est pas mort et ne me parlez pas de mettre des codes barre sur des pièces grosses comme le bout du petit doigt. On a aussi des étiquettes où on écrit avec un curieux outil baptisé stylo. Dingue non ?

En fait c’est là que je m’apperçois de la coupure qui peut exister dans ce monde entre certains métiers devenus exclusivement numériques et d’autres où l’on manipule des pièces ou des denrées palpables, physiques. Mais surtout, comme je le disais en introduction, nous nous imaginons tous que cette technologie est immuable et indestructible. Je cite maintenant l’exemple d’un magistrat du Tribunal Pénal International qui s’est vu bloqué de ses moyens de paiement par décision d’un pays, à savoir les USA. Certains services sont effectivement hébergés dans des pays tiers qui peuvent se couper du monde ou couper tout lien avec notre pays. Il suffit de si peu de choses aujourd’hui. Et avant que cela change, il va se passer beaucoup de temps, nos banques étant déjà les plus fragiles dans ce système encore géocentré aux USA. Chine ou Russie ont déjà des systèmes à eux qui fonctionnent parfois…Mais l’Europe se complaît toujours à être dépendante des autres. Il y a également d’autres choses que je vois se démoder en ce moment. La dernière fois où j’ai envoyé un SMS ou un MMS, quand tout le monde y va de son vocal et de sa messagerie instantannée préférée. La dernière fois où j’ai envoyé un mail, peut être un jour? La dernière fois où j’ai posté une lettre ou collé un timbre sur une enveloppe. La dernière fois où j’ai serré la main ? La dernière fois où j’ai fait la bise ? La dernière fois où j’ai regardé le 20h à la télé ? … Le monde évolue, change et il y a également des phénomènes de mode. J’en suis particulièrement conscient quand je vois la spéculation autour du retro-gaming et de la photo argentique, et même des vinyls, si je pratiquais ce dernier sport. Je suis à peu près persuadé que cet article paraîtra ridicule dans 20 ou 30 ans, quand nos pratiques auront encore changé.


Ecrit le : 22/05/2026
Categorie : geek
Tags : geek,réflexion,informatique,

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