Cinéma - Le Crime du 3ème étage de Rémi Bezançon (2026)

Encore un film de ce réalisateur discret mais efficace (je vous laisse chercher dans les archives du site…) et cette fois il rend hommage à un de ses maîtres : Alfred Hitchcock.

Lorsque j’ai vu la bande annonce, j’ai immédiatement pensé à Fenêtre sur cour et je me demandais si c’était volontaire. La réponse est Oui et c’est clairement assumé dès le générique de début avec un graphisme rappelant les classiques de l’oncle Alfred. Même la musique s’inspire des partitions de Bernard Hermann (et plus tard de son émission de télévision). Pour le casting par contre, j’avais un peu d’appréhension envers Gilles Lellouche, loin du standard Hitchcokien, beaucoup moins sur Laetitia Casta et Guillaume Galienne.

“Colette (Laetitia Casta), professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin (Guillaume Galienne) d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François (Gilles Lellouche), écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?”

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A la différence d’Hitchcock, le ton est d’abord celui de la comédie dramatique avant d’avancer dans le film à suspens, démontant au passage les ficelles du maître. Lellouche est plutôt à l’aise dans son rôle de looser, rappelant un peu du film Le Magnifique de De Broca avec Belmondo. En effet, on alterne parfois entre l’écrivain et son héros, accompagnée de son assistante Rebecca (Laetitia Casta). Casta est aussi très à l’aise dans ce registre de la comédie policière. Mais il y a surtout Guillaume Galienne en contre-emploi dans ce rôle du voisin qu’on imagine en tueur machiavélique. Non, je n’avouerai rien ! Le reste du casting passe plutôt inaperçu face au trio. Le charme du film est de multiplier tous les clins d’œils à Hitchcock, mais pas que. Petit indice, il y a du Kubrick vers la fin… Galienne est désopilant dans la scène où il bâcle Hamlet, malgré l’intensité et le suspens mis dans cette même scène.

La force du film est de commencer dans la légèreté tout en mettant en lumière les failles de notre couple de héros, un peu comme un “Fenêtre sur cour” à l’envers. D’autres films ont leur droit de citer mais il n’y a pas d’oiseaux, pas de plan séquence d’une heure 30, pas de bateau de sauvetage ou d’avion d’épandage. Quoique…Le problème de ce genre de film est que cela fonctionne si le spectateur a un minimum de référence. Cela s’adresse avant tout à un public cinéphile, plutôt fan des films d’Hitchcock, même si Rémi Bezançon est didactique à travers le personnage de Colette. C’est un film qu’on aimera revoir pour essayer de déceler les références que l’on n’a pas vu, et qui fera discuter entre amis. L’histoire n’est donc pas forcément originale, même si remise dans un contexte très parisien et moderne. Finalement on s’éloigne des héros Hitchcokiens, à part les coiffures de Laetitia Casta, autre clin d’œil à l’héroïne blonde (Eva Marie Saint, Grace Kelly, Tippi Hedren, Ingrid Bergman…). La longueur du film est parfaite pour garder l’intensité du récit, ne pas ennuyer par trop de digressions, de scènes d’exposition. De quoi me faire passer un bon moment, parce que je suis dans la cible…Mais est-ce que ce n’est pas un film pour personne de plus de 35 ans? Un peu et c’est là l’écueil de ce scénario.

Lorsqu’un film nous fait rire, sourire et avoir peur, c’est que la mission est remplie. J’ai eu ces sentiments et je suis ressorti avec le sourire. C’est bien tout ce qui compte, non ?

Une Bande-annoncevideo


Ecrit le : 16/03/2026
Categorie : cinema
Tags : cinema,film,policier,hitchcock,2020s

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