Culture - La revue 2026 ep.2
Normalement, je ralentis un peu le rythme sur le deuxième trimestre de l’année. Mais en même temps, n’est-ce pas un moyen de s’évader de ce monde parfois trop pesant ?
Cinéma - Séries
- Terra Willy, Planète inconnue d’Eric Tosti (2019) : Film à destination des plus jeunes, cette histoire d’un Robinson Crusoë de l’espace version junior est plutôt réussie. Déjà par la forme avec des décors colorés, riches de détails, imaginatif dans la faune et la flore. Ensuite par les personnages de second rôle que ça soit le robot joué par Edouard Baer ou l’animal rencontré par le jeune héros. Il y a toujours cette manie de faire des scènes d’action survitaminées façon roller coaster mais ça se regarde plutôt bien, avec une happy-end ps si happy…SYMPA.
- Lockerbie (2025) : Une série britannique sur l’attentat aérien de Lockerbie. On part de l’attentat pour suivre l’enquête, ce qui a conduit au procès et … les pistes non élucidées. Emmené par un magnifique Colin Firth, la série est évidemment à voir en V.O.. 5 épisodes avec de l’intensité, malgré la lourdeur de l’atmosphère et les éléments de négociations et d’enquête.
- Flashback (2024-2026) : Nous en sommes donc à la saison 2 de cette série de comédie policière française usant du sempiternelle Buddy Movie dans un duo improbable Constance Gay / Michael Youn. Un brin de science fiction au départ puisque l’héroïne revient dans le temps pour sauver ses aïeuls (dont Youn) et cela donne lieu à une critique de notre société de l’époque, mais aussi des quelques travers de notre société moderne. Un peu d’ambition aussi sur la photographie et la colorimétrie qui fait pardonner les incohérences scénaristiques et les sauts entre épisodes. On sent que Youn est parfois en roue libre mais ça fonctionne plutôt bien si on est adepte du second degré.
- La Pire Mère au Monde de Pierre Mazingarbe (2025) : Encore une comédie grincante à l’actif de Muriel Robin, mais l’héroïne, c’est bien Louise Bourgoin, jeune magistrate ambitieuse qui doit composer avec sa mère…et l’ombre de son père. On ajoute à ça un bon casting, de l’humour noir, un meurtre de chien, et ça donne un film assez sympa à regarder qui aurait pu aller plus loin dans l’opposition des genres. Pour public averti.
- Le Brigand Bien-aimé de King et Cummings (1939) : Il reste donc des westerns classiques que je n’ai pas vu…Aucun souvenir de ce film avec Tyrone Power, Henry Fonda, Nancy Kelly…et qui s’inspire de la légende de Jesse James avec beaucoup de libertés sur l’histoire réelle. Qu’importe, on a les ingrédients habituels avec une bande de méchants, des justiciers qui se mettent hors la loi, un peu d’histoire de l’ouest et de l’amour. Ca fonctionne très bien et Henry Fonda est encore tout jeune…
- Eiffel de Martin Bourboulon (2021) : je n’étais pas allé le voir au cinéma et je me suis souvenu pourquoi…Romain Duris incarne l’architecte batisseur génial et on s’attend à plus parler de sa tour que du reste. Pas de chance, on nous balance une histoire d’amour pas du tout réelle sur fond de décors faits en image de synthèse et en reconstitutions de studio plutôt sympa. Dommage que l’histoire soit téléphonée car les aspects plus politiques étaient intéressants, notamment le débat sur la garder, ne pas la garder, cette fameuse tour et ce qu’est le “beau”. Moyen.
- Super Mario Galaxy, le film (2026) : Décidément, ils s’obstinent à faire des films basés sur des jeux vidéos. Ca ne marche jamais et c’est encore le cas ici. Ils ont beau (ils sont 4 réal) flatter le fan par des clins d’oeil, c’est un scénario soporifique avec juste des scènes roller-coasters ou ressemblant à des parties de Super Smash Bros. C’est joli, coloré, survitaminé pour la 3D mais à la fin, je m’ennuie. Flop ou trop vieux pour ça?
- L’été 36 (2026) : La saga de TF1 pour ce printemps nous emmène à Nice en 36 pour une sorte de mélange d’enquête, de satire sociale light avec un casting très TF1. On alterne le bon et le mauvais coté jeu et c’est lisse coté reconstitution historique. L’inspiration Agatha Christie est nette mais ça traine trop en longueur pour faire 6 épisodes là où 2 auraient suffit. La machine à série de la chaine ronronne décidément trop.
- L’or Bleu (2026) : La saga de France2 est finalement un peu pareille avec des histoires de familles, des secrets, un meurtre, de l’écologie édulcorée et brouillonne et un casting hétéroclyte qui alterne aussi le bon et le très mauvais. Cette fois c’est 8 épisodes pour un résultat aussi longuet que le concurrent, mais ça coche bien les cases du genre. Pas assez vieux ou flop?
- La Jetée de Chris Marker (1962) : Un film culte…pour sa forme. En effet, il dure 28 minutes et est sous la forme d’un roman photo. Des successions d’images, un narrateur, une histoire de SF presque post-apocalyptique avec des allemands dans le rôle des méchants. Si ce n’était la forme qui intrigue, et l’histoire un peu approximative, j’aurais zappé. Je trouve qu’on pardonne beaucoup à ce film dont les photos sont inégales, justement par sa forme à son époque. S’il a marqué son temps, il a horriblement mal vieilli, contrairement à des films plus anciens. Mais ça me paraît trop froid, sans émotion justement à cause de cette forme. Parfois une image n’a pas besoin de mots pour raconter une histoire. Tout se succède trop vite ici … ou pas assez pour faire du cinéma. Le cul entre deux chaises.
- Les Nerfs à vif de Martin Scorcese (1991) : On retrouve un peu du personnage joué par De Niro dans Taxi Driver : Un marginal, violent, pris dans une société qu’il ne comprend pas. Ici, il essaie de se venger d’un avocat (Nick Nolte) qui l’aurait trahi. Scorcese introduit quelques effets de caméra dans son style tout en gardant l’intensité et la tension de l’histoire. Le casting est impressionnant avec notamment Mitchum en inspecteur. Ce remake (car il y a eu un autre film basé sur le même livre) est remarquablement efficace et …d’actualité puisque DeNiro joue un violeur d’enfants. Le spectateur ne peut que ressentir de la nausée face à cela, même si…tout n’est pas si simple. DERANGEANT.
BD - Livres
- White Only de Julien Frey (2025) : Connaissiez-vous Althea Gibson ? A moins d’être très fan de Tennis, sans doute pas. Elle fut la première joueuse de tennis de couleur à remporter un titre du grand schlem (Rolland Garros) puis les autres tournois majeurs en simple et double. Un parcours incroyable pour la petite fille de Harlem dans les USA ségrégationnistes des années 50 qui refusaient de mélanger noirs et blancs sur les cours(pas qu’aux USA…). Un dessin qui fait mouche, une belle histoire pleine de rebondissements et ça nous donne ce bel album qui remet en lumière cette héroïne du sport. HISTORIQUE.
- La Librairie Morisaki de Satoshi Yagisawa (2010) : Ce petit best-seller japonais ne paie pas de mine. Une histoire d’une jeune femme sortant d’une déception amoureuse qui se réfugie chez son oncle qui tient une petite librairie familiale. Une histoire de reconstruction personnelle, de passion pour la lecture, de rencontres et d’interrogations sur la vie. Pas vraiment de conclusion et chacun peut y trouver un peu de soi. C’est aussi des descriptions d’instants de vie à la fois anodins et fort. AGREABLE et APPAISANT
- Les Racines du Chaos de Cava et Segui (2011) : Si j’ai failli ne pas aller au delà du 1er tome, c’est parce que j’ai trouvé ça confus. Pourtant cette histoire d’espionnage sur fond de guerre froide dans la Yougoslavie de Tito et de MI6 a de bonnes choses. Le parti pris graphique est intéressant. Si j’avais commencé avec le 2ème tome, j’aurais été un peu plus convaincu. mais faute d’un héros charismatique ou sympathique, d’un peu plus de clarté dans le scénario, je trouve ça juste moyen au départ. Avec le deuxième tome, tout devient clair et c’est souvent le propre des récits d’espionnage, ici sur fond historique. EXIGEANT.
- Le Grand Soir de Richelle et Wachs (2023) : Un peu le même souci avec cet ouvrage qui va nous faire suivre le parcours plus ou moins vrai d’activistes de gauche qui vont dériver vers le terrorisme dans l’après-guerre jusqu’à la période d’Action Directe. Le scénario fait le lien entre différents évènements (les milices racistes chez Renault, les mouvements autonomes, anarchistes, …) mais je trouve aussi que ça manque de clarté dans le dessin (ressemblance entre certains personnages), et dans le parcours de certains personnages. L’auteur hésite finalement entre documentaire et fiction en tentant de combler les trous. Parfois cela marche, parfois non. HESITANT.
- Le Symbole Perdu de Dan Brown (2009) : C’était le Dan Brown qui me manquait pour mieux comprendre son dernier (Le Secret des Secrets). Une aventure très états-unienne puisque exclusivement à Washington parmi les monuments des pères de la nation…et les francs-maçons. Il joue, comme toujours, avec les légendes urbaines et clichés complotistes mais use aussi des même ficelles que d’habitude, au point que j’avais l’impression de relire son dernier ouvrage comme un brouillon. Pour un tel pavé, ça se lit quand même plutôt vite. Les petits cliffhangers sont un peu lassants mais donnent envie de lire la suite… STEREOTYPE.
- La Revue Dessinée N°51 : Toujours aussi pertinente dans ses reportages et dossiers, cette revue a toujours une petite tendance à voir un style de dessin moins fouillé…mais quand on sait le temps que ça prend, c’est assez normal aussi. Ce numéro est intéressant pour le sujet de la Justice Restorative, Le Sport poussé à son extrème, où le fait de “féminiser” certains mots, par exemple. Le rythme de parution trimestriel est ainsi parfait pour se détacher de l’actualité et prendre le temps de voir d’autres sujets.
- Robur tomes 1 à 3 de Formosa et L’Officier (2005) : Au premier abord, il y a un dessin parfaitement maîtrisé par Gil Formosa, mais caricatural à dessein : C’est à la fois le style Formosa avec hommes musclés à la machoire carrée et femmes sculpturales et élancées (cf Buck Danny, Bob Morane…). Ici c’est un récit Steampunk rendant hommage à Jules Verne et dans un style plutôt Pulp. Après le voyage sur la Lune, la Terre est attaquée par le peuple Selenites. La première guerre mondiale fait rage et ils profitent de la faiblesse du monde pour le dominer et lier des alliances. On retrouve ici la terre dans les années 30 avec des nazis, et un mélange improbable de technologie sélénite et terriennes qui reprend nombre de personnages et de la mythologie de Verne. C’est capilotracté, caricatural mais ça se lit assez bien. SECOND DEGRE obligatoire.
- Méditerranée: Histoires d’un continent kaléidoscope d’Aurel (2025) : Cette épaisse BD entreprend de raconter la Méditerranée culturellement et historiquement à travers récits, cartes et interviews d’historiens et géographes. Entreprise complexe qui part parfois dans des digressions et chemins de traverse. Le dessin est très agréable, les cartes rappellent les migrations, les différentes dominations, etc ce qui permet de mieux en comprendre les influences culturelles et les points communs. Même si ce n’est pas la volonté de l’auteur, et même si c’est remarqué par un intervenant, il y a une vision un peu biaisée et insistant plus sur la partie française ou ouest-européenne. Intéressant mais à compléter.
- Wika tome 1 à 3 par Day et Ledroit (2014-2019) : Forcément, j’ai lu cette série pour le dessin d’Olivier Ledroit, qui atteint ici des sommets. On est dans des double-planches complexes, telles des enluminures médiévales modernes. D’ailleurs, on est à la fois dans un monde medieval-fantasy et steampunk, ce qui donne des machines du plus bel effet. L’histoire est donc une grosse saga qui aboutit à une lutte entre bien et mal, avec des fées, des guerriers invincibles, etc. Wika en est le centre, princesse déchue d’un royaume. Le problème de Ledroit est d’avoir parfois un dessin caricatural pour ses personnages, notamment pour ces dérivés elfiques. On oublie un peu l’histoire pour la contemplation de toutes ces planches grand format. C’est fascinant et en même temps ancré dans son époque. POUR LES FANS.
- Tant que le café sera encore chaud de Toshikazu Kawaguchi (2015) : J’ai traité du troisième tome de la série et j’en ai donc lu le premier. Déjà quatre nouvelles liées les unes aux autres, et cette fois dans le premier café qui permet de voyager dans le temps selon des règles bien précises. J’y ai trouvé le début de certains personnages, l’installation du contexte étant assez rapide. Ca se lit bien, c’est touchant car ancré dans le réel, touchant à la fois jeunes et personnes plus agés. Je pensais qu’après trois tomes j’allais me lasser mais pas du tout car 4 histoires, c’est juste ce qu’il faut. Ca peut paraître facile mais arriver à une telle alchimie d’écriture est loin d’être évident. UN BON DEBUT.
- Un Cri dans le ciel bleu de Seiho Takizawa (2015) : Dans la série des mangas sur l’aviation japonaise, il y a ceux de Seiho Takizawa. Celui-ci se penche sur des “exploits” d’aviateurs durant la seconde guerre mondiale, basés sur des anecdotes historiques. Il n’y a pas que la version japonaise puisque parfois l’auteur se met du coté américain. J’ai toujours un peu de mal avec la glorification du sacrifice dans une guerre. La description des appareils est minutieuse. le contexte est rappelé mais les récits sont inégaux. Pour FAN D’AVIATION.
- Largo Winch 25 - Si les dieux t’abandonnent… de Guez et Francq (2026) : Si le scénariste change, on garde quand même le même style dans ce 25ème tome de la série : Le héros macho, les femmes sculpturales qui tombent en pamoison, l’intrigue financière. C’est mis à jour avec le contexte actuel, les drones, l’humanitaire, l’Inde…Mais c’est sans grande surprise mais ça se lit sans que cela soit désagréable. Le problème c’est qu’en attendant le second tome du diptyique, on oublie un peu l’intrigue. Alors je résume, il y a une méchante soeur, un mystérieux commanditaire qui injecte un code malveillant dans des drones…LA ROUTINE.
Musiques et Sons
- La Terre au carré - Jean-Baptiste Del Amo : C’est l’auteur, notamment du règne animal, un auteur qui soutient L214, est vegan lui même…L’occasion de parler de sa relation aux animaux, sa connaissance de l’élevage, notamment des cochons, …
- Powernerd de Devin Townsend (2024) : En attendant The Moth, cette sorte de testament musicial, je me suis replongé sur le dernier album en date du génie canadien. Bien m’en a pris car il est encore passionnant. Il y a du métal à la Stapping Young Lad, des choses plus pop, des titres plus symphoniques, plus électroniques. Et pourtant tout cela paraît cohérent sous la férule de ce musicien. Selon sa propre légende, il ne lui aurait fallu que 11 jours pour le composer…Classé en Progressif, je trouve cela réducteur mais il est difficile à classer…comme d’habitude. Le fait est qu’il a tourné en boucle entre mes oreilles, même si parfois je m’étonne de certaines facilités mélodiques. Seul le plaisir compte. On peut aimer et détester à la fois. Bref, Du DEVIN TOWNSEND.
Jeux
- Misplaced sur Megadrive (2020) : Bien que sur une plateforme ancienne, la Megadrive, j’ai préféré traiter de ces trois jeux ici et pas dans le retrogaming. En effet ils ont quelque chose de moderne et auraient pu être sur mobile. Misplaced est un puzzle-game avec des niveaux de plus en plus complexes où il faut remettre des gemmes dans des sortes de supports pour avoir accès à la clé ouvrant la porte vers le niveau suivant. C’est simple au premier abord mais ça se complique vite avec des ennemis qui empêchent cela, des obstacles phyiques à franchir comme un jeu de plateforme en 3D. BIEN FAIT.
- Arkagis Revolution sur Megadrive (2020) : Le second jeu indépendant est d’aspect plus classique puisque nous sommes dans un labyrinthe avec un vaisseau. Les missions se succèdent avec un boss à la fin. Sauf qu’ici nous sommes en vue du dessus et qu’on peut faire pivoter le vaisseau avec les boutons ou simplement le diriger de droite à gauche et de haut en bas. Cela nous donne un fonctionnement type FPS mais en 2D. Pour tuer le boss, il faut parfaitement coordonner toutes ces commandes d’autant que les murs peuvent nous tuer, malgré une certaine tolérance dans les collisions. Ca rappelle aussi un Run and Gun 2D et ça fonctionne bien avec l’ambiance d’exploration et l’angoisse de trouver des ennemis. STRESSANT.
- Gluf sur Megadrive (2021) : Et toujours sur ce même support, un puzzle game plateforme qui mérite le détour. Notre petit héros est une grenouille “Tesla”, c’est à dire qui a la capacité de se charger en énergie et de la restituer. On peut donc lui donner 10 unités de charge et lui permettre de changer la couleur des plateformes. Au début, c’est simple mais bien vite, il faut prendre en compte les ennemis, les plateformes qui se détruisent et autres bizareries. Un principe simple mais particulièrement addictif, surtout avec une bonne musique en fond sonore. A ESSAYER.
Ecrit le : 03/07/2026
Categorie : cinema, bd, litterature, musique