Réflexion - La Photo et moi
Oh, pourquoi le logo change en haut ? Mais c’est quoi ça, un PhotoBlog? Depuis des années que cela me trottait dans la tête pour héberger mes “meilleures” photos, voilà enfin la déclinaison photographique du blog.
Vous trouverez tout le “fond photographique” accessible via cette adresse. Une sorte de petit frère du blog, même si les photos sont parfois plus anciennes et déjà vues ici dans un autre format. Mais il faut aussi que je parle de ma vision de la photographie qui a passablement évoluée avec le temps.
Comme tous les gens de ma génération, j’ai commencé par de l’argentique et pas de la meilleure façon : Le format Kodak Disc était si minuscule qu’il n’y avait aucun “piqué” sur les photos mais bon, l’idée de mes parents étaient de savoir si ça m’intéresserait. J’ai poursuivi un peu avec l’appareil de ma mère puis j’ai eu mon premier reflex. Mais bien vite, en bon geek, je me suis interessé à la photo numérique. D’abord un copain m’a prété son Kodak qui faisait du 0,8 Méga Pixels ! Puis j’ai acheté mon premier APN avec 2 Méga Pixels mais des modes manuels et priorité, qui accompagnait mon reflex argentique dans la sacoche ou le sac de rando…Et c’est un peu après que j’ai commencé à m’intéresser à la retouche photo, avec l’incontournable Photoshop, que j’ai partagé des choses sur Flickr, etc. Bon, j’ai fait des erreurs, je suis allé dans tous les sens de la retouche, pour finalement revenir dans le “droit chemin” : Retranscrire la réalité.
La réflexion autour de cela vient des techniques de Photoshop, justement et de comment les photos de mode ou de studio travestissent finalement le réel en gommant les imperfections jusqu’à la caricature. Ce n’est pas sans danger pour ceux qui prennent cela comme modèles. C’est un peu comme enlever le poteau qui te dérange dans ce joli panorama : Il est là parce que des humains l’y ont mis et c’est comme ça. Si quelqu’un venait voir ce panorama sur la foi de ta photo, il serait déçu. Donc je me contente aujourd’hui de jouer un peu sur le contraste et les couleurs, de recadrer un peu, parfois une pointe de HDR si c’est un peu plat pour la lumière (notamment sur les photos de smartphone) mais je veux retrouver ce que j’ai vu avec mes yeux. De là aussi mes goûts pour certains sujets aujourd’hui et mon abandon d’autres sujets. Les photos hyper-retouchées ou créant quelque chose d’irréel sont d’un autre ordre pour moi : Ce n’est plus de la photographie mais de l’art plastique à base de photographie. C’est bien plus que l’évolution de la peinture lorsque justement la photographie est apparue. Peut-être qu’un jour je ferai une série créant un univers plus fantasmé mais pour l’instant je m’intéresse à retranscrire le réel.
C’est aussi pour cela qu’au tournant des années 2000 et même un peu plus, je me suis tourné un peu plus dans la photo de rue (street photography). Déjà par goût pour les grands de ce genre (dont certains ont été traités ici), mais aussi parce que j’en avais réussi quelques unes de pas trop mal. Ah oui, loin de moi l’idée de devenir pro, de vendre ça ou autre. C’est juste un loisir, pour moi d’abord et je reste modeste dans le matériel utilisé justement pour cela. Je n’ai jamais envisagé de me payer un Leica M ou un Bessa pour parcourir le monde. J’ai vu des collègues très doués dans leur rayon (le portrait par exemple) en faire un peu leur métier, d’autre moins doués ont investi des fortunes croyant que le coup d’oeil et le talent s’achètent. Libre à chacun. Mon matériel est vieux mais je vais y revenir. La photo de rue, justement a quelque chose d’imprévisible qui me plaît. Il faut la chance et le coup d’oeil, le reflex si j’osais le mauvais jeu de mots. Peut-être parce que je n’aime pas trop gérer de choses et trop réfléchir en prenant une photo…même s’il le faut un peu avant et pendant. Le numérique permet de rattraper les choses mais paradoxalement fait perdre de bonnes habitudes.
Car la photo est technique. C’est jouer avec la lumière et même si les appareils ont des automatismes qui rattrappent beaucoup de choses, à la fin, ce sont des images qui vont sur une surface, pellicule ou capteur, à travers des lentilles. J’ai mis un peu de temps à me familiariser avec la gestion de l’ouverture et de la vitesse, à comprendre les différents réglages de l’autofocus pour finalement revenir à de plus en plus de réglages manuels, jusqu’à la mise au point. Je continue ou plutôt je reprends mon apprentissage, n’étant pas un forcéné de la photo non plus. Et pour aiguiser mon regard, il n’y a qu’à lire des critiques de photo, regarder ce qui se fait et parfois on se dit qu’il y a beaucoup de banalité chez les photographes du web (insta, forums, …), trop de retouches. Mais aussi que les goûts ne sont pas les mêmes selon les pays. J’ai en mémoire des photographes croisés dans des voyages et qui savaient montrer leur pays de la meilleure manière. Le photoblog est à la fois une manière de partager “chez moi” mes photos qui me touchent et de montrer aussi l’évolution et l’apprentissage sans aller dans les râtages du passé.
Comme je le disais, mon matériel reste modeste et ancien. Je ne dépasse pas le 16 Mégapixels, une valeur assez ridicule aujourd’hui qu’atteignent les smartphones. Mais j’ai choisi aussi des appareils numériques ayant un bon piqué, ou une certaine praticité pour un type de sujet. Ainsi en voyage on a besoin de quelque chose de petit, à grande amplitude. Pour la photo de nature, le gros zoom est intéressant mais aussi la macro. Mais surtout je suis revenu à l’argentique, que je n’ai jamais vraiment quitté. J’ai profité un temps du désamour de ces matériels pour me payer un Reflex semi-pro, l’équivalent de ce qui vaut 4000 euros aujourd’hui et qu’on trouvait à moins de 100 à cette époque. Mais aujourd’hui l’argentique revenant à la mode comme le vinyl, les prix remontent à des valeurs de pure spéculation. Voir un simple compact autofocus des années 80 en plastique à plus de 150 euros tient du délire, même si parfois son optique est très bonne. J’ai pu heureusement trouver quelques trucs sympa à utiliser et surtout fiables et simples à réparer. Les appareils des années 80-90 avec de l’électroniques deviennent compliqués, tandis que pour les années 60-70, c’est le problème des piles au mercure. La photographie argentique reste chère (compter mini 8 euros le développement sans scan, 16 avec), même si on peut faire le développement chez soi en jouant au petit chimiste, ou se faire aider dans des clubs photo.
Alors voilà, j’ai donc décidé de décliner un PhotoBlog à partir de quelques dizaines de photos sélectionnées depuis plus de 30 ans. Tout n’est pas réussi, ce ne sont pas non plus des chefs d’oeuvre mais ça me fait plaisir et il y a parfois des histoires à raconter ou imaginer. Je pense aussi en décliner quelques “expositions”, des thèmes avec un texte qui accompagne, un peu comme la récente balade à Paris ou comme les discrets Portfolio que j’avais laissé avant. Ils seront repris et relookés, étoffés…ou supprimés. Et donc, il y a déjà pas mal de choses à voir sur ce point d’entrées avec des rubriques différentes du blog habituel. J’y indique (quand je les ai) les réglages utilisés, l’appareil photo, ça donne des idées et parfois ça explique les erreurs.
Je reprends justement l’argentique et je fais à nouveau des erreurs de débutants. Ca demande plus de concentration ce qui n’est pas plus mal. Avec le droit à l’erreur du numérique, on a tendance à déclencher sans réfléchir. On compte trop sur les béquilles que sont les retouches et outils d’IA maintenant pour sauver ce qui ne peut pas forcément l’être. D’ailleurs j’avais envisagé de changer mes habitudes en utilisant Darktable en plus de mon fidèle XNView. Mais finalement j’ai repris le temps de régler XNview dont la philosophie me plaît mieux et Darktable nécessite trop un grand écran pour être efficace, ce qui n’est pas trop le cas de mon L380 ou de mon X270. Avec Gimp en plus, ça suffit amplement pour mon bonheur. Je réfléchis juste à la nécessité des tags et de la géolocalisation…Bof, c’était déjà un peu Gadget à l’époque où je mettais tout ça sur Flickr. Le tri récent des plus de 30 000 photos m’a fait réaliser pas mal de choses sur ma pratique, sur mon évolution et sur ce que je pourrais faire encore. Il y a eu des “périodes”, des tentatives avortées et il y en aura d’autres. La recherche du piqué ultime, de la perfection en haute résolution me rappelle finalement ce qui a cours dans les jeux vidéos avec le photo réalisme : A la fin, c’est chiant et ça manque de personnalité. Je préfère parfois certaines photos en basses résolutions, avec du grain, du flou ou des artefacts de compression.
Après avoir traité les photos du passé ici, je vais devoir l’alimenter régulièrement, aussi bien en numérique qu’en argentique dorénavant. J’ai aussi besoin de voir d’autres photos, des modèles en quelque sorte, des personnes qui m’inspirent. Il y a aussi bien de l’école classique européenne que des trublions américain.es, et de plus en plus des visions plus asiatiques et notamment japonaises de la photo de rue. Et puis je suis aussi des photographes roumains, russes, turcs… Ne vous offusquez pas si j’aime les contrastes forts et les couleurs assez saturées. Peut-être aussi changerais-je d’avis sur certaines des photos montrées qui ne mériteraient plus de l’être. Mais je compte quand même laisser quelques “erreurs car c’est dans l’échec qu’on apprend. A vous de commenter ou pas ou de voyager à travers ces images dans mon imaginaire ou mon réel.

