Série du Passé - Sherlock Holmes (1984-1994)
Bien avant Benedict Cumberbatch et après Basil Rathbone, l’incarnation du célèbre détective fut, pour moi, Jeremy Brett.
C’est une production anglaise de Granada Television qui donna ce rôle à cet acteur méconnu en France, au cours de 4 séries/saisons de téléfilms.
- Les Aventures de Sherlock Holmes (The Adventures of Sherlock Holmes) : 13 épisodes (1984-1985)
- Le Retour de Sherlock Holmes (The Return of Sherlock Holmes) : 11 épisodes et 2 téléfilms (1986-1988)
- Les Archives de Sherlock Holmes (The Case-Book of Sherlock Holmes) : 6 épisodes et 3 téléfilms (1991-1993)
- Les Mémoires de Sherlock Holmes (The Memoirs of Sherlock Holmes) : 6 épisodes (1994).
Jeremy Brett est un fils d’officier de sa majesté, pure produit d’Eton, et du théatre Shakespearien. Et bien qu’il ait fait quelques apparitions dans des séries US, il n’avait jamais eu de rôle principal dans une série TV, en dehors d’adaptations théatrales. Il a alors 50 ans quand on lui propose d’endosser ce rôle emblématique du personnage d’Arthur Conan-Doyle. Et si le Dr. Watson est incarné d’abord par David Burke, c’est plutôt de Edward Hardwicke dont je me souvient, sans oublier Rosalie Williams dans le rôle de Mme Hudson, la fameuse logeuse du détective. La série puisera allégrement dans le vivier théatrale londonnien ainsi que chez de jeunes acteurs.trices en devenir (Jude Law par exemple…)

L’ambiance de la série est particulièrement soignée pour plonger le spectateur dans un Londres des années victoriennes. Décors, costumes, lumières sont au niveau d’une production cinématographique. Et puis coté scénario, pas besoin de chercher loin quand Conan-Doyle fournit l’essentiel de la matière pour cette première saison. Avec 56 nouvelles répertoriées, il y a de quoi faire. Il y aura 43 épisodes au total, avec des doublons, ce qui fait qu’il en manque 17. La raison est hélas très simple : Jeremy Brett décèda prématurément avant une ou deux dernières saisons. Son flegme, son charisme avec ce visage osseux, ce regard profond me font dire qu’il était Le Personnage de Sherlock Holmes. Le duo avec le Dr Watson fonctionnait aussi parfaitement. Même son frère Mycroft était réussi, sans parler évidemment du méchant mythique, le Dr Moriarty.
Le risque de ces récits est d’être trop dans l’aspect déduction et intuition du personnage et d’oublier l’action. Bien sûr, Holmes n’est pas un jeune homme qui va nous faire des cascades dans tous les sens (raison pour laquelle j’ai du du mal avec certaines adaptations récentes). Mais il y avait des poursuites et des infiltrations cohérentes, sans tomber dans le ridicule d’un maquillage ou d’un déguisement approximatif. Pourtant il en a fait quelques unes, surprenant plus d’une fois son acolyte.

Je me souviens même aujourd’hui du bonheur des diffusions sur FR3 à l’époque. Il ne manquait que de la V.O. Le générique était court, au violon (forcément ?!) et montrant le 221B Baker Street, l’adresse de notre détective. J’ai eu le malheur de voir les vieilles versions avec Basil Rathbone après cette série et cela a beaucoup plus vieilli. Cette série était très classique et conforme à ce que l’on attendait d’une production britanique ambitieuse. On aura droit à d’autres belles productions aussi dans les années 90, mettant en valeur les grand.e.s écrivain.e.s du pays. J’ai pu retrouver la série en V.O. sur Archive.org. Elle est sinon en VF en DVD, les services de streaming préférant de pâles remakes par rapport aux anciennes versions.
